La rééducation orthoptique
Elle aura pour but de permettre aux yeux, au niveau des muscles, de travailler le plus confortablement possible.
La rééducation n’aura jamais pour but d’éviter le port des lunettes.
La rééducation doit être personnalisée
On ne doit pas pratiquer le même protocole pour tout le monde. Comme je l’ai déjà dit, l’orthoptie n’est pas un « sac fourre-tout » ! À la fin du bilan, les patients me demandent invariablement combien de séances il va falloir suivre, et je comprends parfaitement cette question.
Je réponds toujours : je ne le sais pas à l’avance. Nous fixons un cap et il faudra y arriver, mais chaque individu réagit différemment.
Il y a des rééducations qui suivent « simplement leur cours » et où l’on avance rapidement.
Il y a, à l’inverse, beaucoup de personnes chez qui les muscles « surréagissent ».
Dans ce cas, il faut avancer très en douceur. Il ne s’agit pas de provoquer une crise de migraine de trois jours, une crise de vertige qui empêche de marcher, ni même une après-midi de maux de tête ! Pour moi, les séances ne doivent jamais devenir une torture. On obtient d’excellents résultats en privilégiant la douceur. Le rythme va donc varier d’une rééducation à une autre.
Les tendances divergence
Le but est de « muscler » les yeux en vision de loin, en vision de près et, ce que j’ai rajouté spécifiquement pour ma pratique, en vision intermédiaire (la vision des écrans).
Il est essentiel que les muscles des yeux atteignent la puissance nécessaire pour supporter une charge de travail maximale dans toutes ces distances et dans les différentes positions du regard. L’objectif est d’installer un « minimum » de confort solide et durable pour garantir une véritable endurance au quotidien.
Les contractures
À l’inverse de la tendance à la divergence, le but ici est de « détendre » les muscles. C’est exactement comme si l’on cherchait à lever une crampe.
Une fois les contractures libérées, nous pouvons — si les mesures le permettent — muscler les yeux pour leur donner de l’endurance, mais sans jamais les contracter à nouveau ! Les rééducations de contractures sont souvent plus complexes qu’on ne le pense : d’abord parce que ces tensions ont la fâcheuse tendance à être bien « incrustées », et ensuite parce qu’aucune rééducation de contracture ne ressemble à une autre.