Trouble oculomoteur
Un trouble oculomoteur désigne un défaut de coordination ou d’endurance des six muscles qui pilotent chaque œil.
Que nous apporte le bilan orthoptique comme informations ?
Comme j’ai commencé à l’évoquer en introduction, l’orthoptie nous donne des informations précises sur la manière dont travaillent les yeux au niveau musculaire.
Beaucoup de patients me questionnent à ce sujet : le bilan repose sur plusieurs tests et des mesures qui sont confrontées les unes aux autres. Comme je l’ai déjà dit, l’orthoptie est véritablement une analyse mathématique.
Les muscles contractés : un effort invisible
Les muscles des yeux peuvent être contractés. Des muscles contractés ne sont pas dans un état où « c’est génial, ils travaillent bien » (pour citer certains propos).
Qui dit muscles contractés dit effort pour voir net. Je rappelle que ce sont les muscles des yeux qui dosent le « zoom » et le « dézoom » : c’est le phénomène d’accommodation qui nous permet de voir net à toutes les distances.
Les contractures au niveau des muscles oculomoteurs sont l’équivalent d’une crampe. Or, une crampe classique fait mal, ce qui alerte le corps. Les contractures oculaires, hélas, sont insidieuses : elles ne se voient pas et ne provoquent pas de douleur directe immédiate.
Les gênes générées par les contractures
La fatigue oculaire : C’est la gêne la plus immédiate. Elle engendre un effort continu, en vision de près, en vision de loin ou les deux, selon la distance où se manifestent les contractures.
La fatigue générale : Cet effort permanent intervient forcément dans une fatigue globale.
L’image du poids : L’effort pour voir net est comme un poids que l’on porterait en permanence, à bout de bras, sans JAMAIS le poser. Selon le degré des contractures, cet effort peut être équivalent au poids d’une bouteille de lait, d’un pack entier ou d’une grosse pastèque. Cela impacte nécessairement la concentration.
La photophobie : Une gêne à la lumière plus ou moins exacerbée. Si les muscles gèrent le « zoom » pour la netteté, ce sont aussi eux qui permettent de régler l’entrée de lumière.
Le rôle de la pupille : En forte luminosité, la pupille se rétracte ; dans la pénombre, elle se dilate pour créer le contraste. Lorsque les muscles sont contractés, ils perdent leur réactivité et n’assurent plus ce réglage en instantané.
Le manque d'endurance : des muscles pas assez « musclés »
Pour les personnes sans strabisme, les yeux travaillent ensemble : c’est la coordination binoculaire. C’est comme les deux roues avant d’une voiture. Des yeux confortables sont des yeux à la fois détendus (sans contractures) et suffisamment endurants.
Quand les muscles manquent d’endurance, ils peinent à se coordonner en cas de fatigue. Nous avons quasiment tous une « tendance à la divergence » (exophorie-tropie).
La position de repos : C’est la position physiologique vers laquelle les yeux voudraient aller quand ils se fatiguent.
L’image du ressort : Imaginez un ressort plus ou moins tendu qui tire l’œil vers l’extérieur. Avec la fatigue (écrans, manque de sommeil), il devient très tendu et les yeux doivent forcer pour rester coordonnés.
Physiologiquement, lorsque nous fermons les yeux (pour deux secondes ou pour la nuit), ils se mettent en divergence pour se reposer. Pourtant, beaucoup de personnes se réveillent avec une migraine, des tensions cervicales ou des vertiges. C’est comme si les yeux avaient « gardé en mémoire » la fatigue de la veille.
Gênes générées par la tendance à la divergence
Elle provoque typiquement :
Des douleurs oculaires et des maux de tête.
Certaines migraines.
Certains vertiges.
Des tensions au niveau des cervicales.
La névralgie d’Arnold.
Des difficultés dans les apprentissages scolaires (lecture, écriture).